Histoires de Plumes

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Poésies



Si tu te décidais à te montrer enfin,
Que je sente ton regard posé sur moi soudain
Sans même baisser les yeux, je te regarderais.
Mes joues s’empourpreront de te savoir ici,
D’émotion, de peur de te déplaire, d’envie
De te serrer contre moi mais je n’oserais pas.
J’attendrais que ta main veuille bien prendre la mienne
Pour m’entraîner au loin comme on cueille un hymen
A l’abri de tous ceux qui ne voudront pas voir
Que l’on s’aime malgré eux sans pour autant pouvoir
Se retrouver comme on le souhaite,
A cause de nos cerveaux fêlés qui remplissent nos têtes
D’idées de retrouvailles et de vastes tempêtes,
Que l’on voudrait encore recommencer sans cesse
Sans qu’un souffle de nous n’entaille cette promesse
Que l’on s’est faite déjà il y a si longtemps.
On ne perturbe pas l’oisillon qui vacille
A peine sorti du nid de ses ailes fragiles
Bien qu’il ne souhaite et ne rêve pourtant
Que d’être bousculé tant son désir est grand.
Alors emmène-moi où tu veux, n’importe où
Couche- moi dans l’herbe, dans un lit, n’importe où
Embrasse-moi les seins, la bouche, n’importe où
Peu importe où tu veux m’emporter, emporte-moi.
Faisons l’amour comme des dingues que nous sommes
D’avoir tant ri et tant pleuré de ne pas le faire comme
On le voulait. Parce que moi,
Depuis le matin où je me suis réveillée, je ne pense qu’à toi,
A tes mots, à tes yeux, à nos émois.
Aux souvenirs qu’on a laissé traîner
Çà et là pour ne pas oublier.
Je veux entendre ta voix
Autre part qu’à l’intérieur de ma cervelle,
Je veux être celle que tu viendras chercher
Pour que nos rires et nos peurs s’entremêlent
Aujourd’hui, à l’avenir, dans le passé.
Je te veux dans mon corps pour être bien certaine
Que c’est bien toi, toi que j’ai cru mort,
Qui m’a donné tant de bonheur et causé tant de peine,
Que j’ai pensé perdu à jamais tant de fois !
Toi en qui je place mes rêves, mes vœux et ma foi
De faire surgir encore de nos entrailles meurtries
Une jouissance infinie comme nous savons le faire.
Je veux t’aimer de ma conscience éveillée,
Arracher mes plaies, les bousiller, à tout jamais les faire taire
Pour me donner encore dans le plus pur plaisir
À tes mains et ton sexe qui suscitent un désir
Si intense, si profond et si beau.
Mon amour je ne dors plus, je ne dors plus mon amour,
Je suis enfin prête à te voir au grand jour,
A te comprendre, te réapprendre, à t’aimer jusqu’à notre tombeau.

 

 

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rose


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Quand j’aurai déversé tout mon comptant de larmes,
Que mes blessures cachées se confondront en drames,
Je marcherai brisée, dans les rues de la ville
Sans savoir où aller, à errer inutile.
Je trouverai un toit sous le pont des amours
Qui me rappellera toi, nos rêves et nos bravoures,
Dans le froid de la nuit où la lune s’est perdue,
En entendant nos bruits de désirs épandus;
Lorsque ta voix criait dans le silence profond,
Me disait je suis là, pourquoi tu te morfonds ?
Je t’entends, je t’attends, je ne connais que toi,
Ces années ont passé, et je suis toujours là.
Si tu veux tout savoir, je vais te raconter
La constance infinie, dans le cœur de nos plaies,
N’aura jamais raison au regard de la loi.
Mais prendra possession de ces miettes de foi
Qu’on a tenues secrètes pour ne pas qu’on les vole,
Qui dansent éperdument, dans cette farandole
De souvenirs déments, que l’on retrouve ensemble,
Dans l’âme de nos vies, qui tellement se ressemblent
Qu’on pourrait les confondre, si elles n’étaient les mêmes:
Remplies de tristes maux et de tendres je t’aime.
Je te dépeindrai là, les couleurs retrouvées:
Le pourpre de nos joies, nos caresses esquissées
De plaisirs inavouables pour tout autre que nous,
Car nous sommes faits de hontes, d’appétits sans tabous.
Parce qu’il ne sert à rien d’expliquer alentour,
D’épancher nos pensées dans de trop longs discours,
Nous gardons pour nos têtes nos ultimes mystères,
Partageons sans répits nos fragiles repaires.
Tu n’as donc rien à craindre, ne te laisse pas aller !
Ou alors attends-moi, pour aller te jeter
Dans les flots tortueux de l’île devant toi,
Où l’on a rendez-vous avec nos vils émois.
Je viendrai te chercher il faut que tu patientes,
Et nous vivrons ainsi cette idée qui nous hante.

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