Jeudi 28 décembre 2006

 

 

 

 

"Voici mon roman. Il devait culminer à deux cent quatre vingt pages, pour faire sérieux. Il en a cinquante neuf, c’est mieux que vain. L’histoire. Ben c’est toujours pareil, la mort, la vie et tout ce qui va avec. Voilà. Que dire de plus. Ah il est écrit en français –je dis ça pour la traduction future- si ça nécessite de passer les frontières. Il ne devrait pas être trop coûteux. Pour la parution, au vu du nombre de mots absents, et tenir facilement sur un carnet transportable dans tous les lieux communs. Le genre de littérature, je veux parler de la classification, de l’étagère sur laquelle il sera entreposé. Si vous avez quatorze ans et demi il vous paraîtra chiant fatalement, je vous laisse trouver pourquoi. Si vous en avez trente vous direz qu’il ne vous cultive pas, à quarante c’est pire, à cent vous seriez choqués. Comme quoi. Il y a plusieurs lectures possibles, et il se peut que vous le pensiez profondément con, je ne vous cache pas qu’à moi aussi ça m’est arrivé. Par contre, s’il vous fait rire c’est que vous êtes atteint de ma folie. Normalement. Et à ce moment-là vous le croirez presque raisonnable."

  

 

   

 « Autoportraits d’un Sursis »

 ROMAN

  Un petit livre entre anticipation et surréalisme.

L’histoire d’une ville en sursis et de ses habitants.

- Le Jeu d'Athénagor -

 

 

*

 

Résumé de L’histoire

Athénagor et les Autres vivent dans un monde où le jeu est une monnaie d’échange, où les Cérémonies des Fleurs se transforment en pugilat, où les Sentinelles courent derrière les habitants après leur mort et où le Cloisonnage de l’Esprit fait office de solution.
Un monde fou qui ne tourne plus tout à fait rond, une foultitude de personnages bariolés qui se croisent et se perdent, tous sursitaires dans leur vie et dans leurs attitudes à travers le récit d’une ville qui bascule dans le désarroi face à l’imminence d’une coupure d’eau.

 

*

 

 

 

Début du Roman

« L’Hydrolice venait d’annoncer une coupure d’eau. C’était la troisième fois ce mois-ci. Elle aurait lieu à midi, heure locale. Aucun renseignement quant à sa durée n’avait été donné. Les Activateurs avaient reçu une circulaire que chaque habitant se devait d’accepter. Age, nom, fonction. Formulaire à retourner instantanément sous peine de graves sanctions. L’Hydrolice y spécifiait qu’elle se déchargeait de toutes responsabilités en cas d’évènements malheureux, et toute plainte portée postérieurement à l’heure de la signature resterait inécoutée. Il était vivement conseillé d’éviter tout incident durant la coupure. Nul ne devait prendre de risques, tomber malade, s’égarer ou se faire tuer. Les Secours de l’Organisme n’interviendraient pas. La Garde de la Liberté non plus. Tous les services du Gouvernement du Monde seraient interrompus puisque l’eau ne serait plus distribuée.

Une campagne d’information de grande envergure avait été lancée et un nombre impressionnant d’Affiches s’étalait sur les murs. L’Agence du Marché qui détenait le monopole de la communication avait vivement souhaité renouveler son message. Elle ne voulait plus du jeune homme aux muscles charismatiques, qui de son rictus cyclonique ravageait les cœurs sensibles des villes, puisqu’il était dangereux. Pourtant le jeune homme se contentait de tenir des ciseaux, mimant le geste de couper hypothétiquement ce qui ressemblait à un Lavoir, un Réservoir ou à une Plage, de sorte que l’on ne savait pas très bien ce qu’il faisait semblant de couper, mais il le faisait avec un tel contentement que son apparente bonne humeur se propageait à l’âme des habitants. Ainsi chaque personne qui pensait à la coupure d’eau se souvenait immédiatement de lui et l’idée même de cette coupure devenait supportable. Presque agréable. Les habitants ne voyaient pas le danger. Ils se disaient « Tiens, il ne va plus y avoir d’eau » et ils buvaient le bellâtre en pensée. Il y avait eu des accidents, graves. Mille neuf cent trente-deux morts avaient été recensés et d’innombrables abîmés en tout genre avaient dû être soignés à la suite de la dernière coupure. Le jeune homme était en conséquence très certainement la cause directe de cette hécatombe, néanmoins il était si charmant que l’Agence du Marché avait longtemps hésité à se séparer de lui malgré les nombreuses catastrophes survenues par sa faute. Heureusement, le silence immuable des muscles avait fini par lasser et l’on avait enfin pu le remplacer. Le Monde fût alors envahi par l’image d’une jeune fille blonde au sourire faussement angélique que prolongeait un regard d’une innocence improbable, se répandant de ville en ville telle une rumeur égrillarde. Elle aussi faisait semblant de couper (l’Agence du Marché souhaitait garder cette explicite métaphore) mais les objets étaient maintenant identifiables par tous. La mignonne menaçait de ses fameux ciseaux un Grimoire, un Cailloumobile, un Activateur, un Litémouvant, enfin, tout ce qui fonctionnait avec de l’eau, pour signifier que l’on ne pourrait pas se servir desdits objets jusqu’à ce que les conduits soient rétablis. La jeune fille sous son impassible douceur laissait poindre un zeste de machiavélisme, juste assez pour inquiéter mais pas trop. Il ne s’agissait pas non plus d’affoler la population mais plutôt de l’inviter à la prudence. Et puisque la jeune fille ne suscitait pas comme le jeune homme une fascination démesurée car sa beauté était des plus banales, les habitants pouvaient facilement l’identifier comme l’une des leurs et avaient pour elle presque peur, qu’elle continue de se servir de ces objets alors que la coupure menaçait… »

 


*


 

 

 

Fin du Roman

[…] Bija ne resterait pas très longtemps auprès des Dissidents puisque son exemplaire reconversion rayonnait au sein de l’Onju. L’année finissante verrait son Etage enrichi d’un autre supplémentaire, confirmant pleinement son intégration et son acceptation au sein de Varanville. Après quelques années d’errance il avait incorporé la vraie vie et son irréprochable conduite ainsi qu’un sérieux engagement lui avait conféré le statut d’habitant. Il ne se sentait pourtant pas à sa place. Nulle part d’ailleurs dans ce Monde. Les frontières établies ne correspondaient pas aux siennes, et au cœur du campement, il cloisonnait les effluves de Dissidence qui végétait en lui, tout en regardant inquisiteur et inquiet ceux qui en survivaient encore.

 

    

 

Ce roman vient d'être réédité aux Editions 1 Artiste

Vous pouvez le commander en cliquant sur l'image: couvtuyau.jpg

par Muriel Roland publié dans : Romans
Vendredi 10 février 2006

  undefined
  

Cinema s' Trip

 Chronique du tournage d’un film


 

Ce roman est publié aux Editions 1 Artiste

 

 

Il s’agit d’un carnet de tournage…

 

"Jack est premier assistant réalisateur sur le film de Franck Krisbold pour Ator Production, ce qui n’est pas rien.
Avec son regard et ses mots, il nous fait partager la vie des plateaux d’un certain cinéma français au rythme trépidant du tournage."

 

Début du Roman

 


"Il reste une semaine et toujours pas de fille. Où je vais trouver ça moi, une fille ?

-Tu connais une fille toi ?
Maxime hoche la tête. Il n’en connaît pas, il en a une à chaque bras mais il n’en connaît pas.
-Je te préviens je prends n’importe laquelle. La première qui passe, tu ne viendras pas te plaindre...
Sa moue désabusée me laisse dubitatif. Il ne dit rien. Il s’en va. Il claque la porte quand même. Il la rouvre.
-Démerde-toi.
Je me retourne la pièce est vide, même pas une pauvre âme pour gueuler, se défouler dessus, lui donner un ordre pour montrer que je contrôle. Pour prouver que je contrôle. Parce que c’est moi qui contrôle et que si je décide comme ça de tout envoyer balader ils sont perdus, sans moi ils ne sont rien, tous, rien, c’est moi qui contrôle, c’est moi, c’est moi.
-Jack ! Dans le bureau de Lampierre !
-Bon je vais être viré.
-Si ça pouvait être vrai...


Maxime est insupportable. Je ne tiendrais jamais deux mois avec lui. Du matin au soir et même la nuit, il me déteste je le sens, et moi c’est pareil.
Qu’est qu’il me veut encore Lampierre, trois fois aujourd’hui alors que je n’ai pas une seconde. Profile bas mon grand, c’est lui qui te paye. Enfin qui essaye. Il fait ce qu’il peut, avec ce qu’il a, pas grand-chose. Tout est dû au matériel. L’être humain passe après, ramasse les miettes et lorsqu’il est un peu gourmand réussi à attraper un croûton, mais pour moi en ce moment c’est pénitence, même pas un quignon, un bout de mie, elle vaut cher la caméra.
-C’est le dernier modèle.
Ah. Si c’est pour ça alors ça va.

 

Extrait 1:

"Sur le qui vive, personne n’est réveillé, il est cinq heure et je suis en ébullition. Deux heures de sommeil tout au plus mais pas question de fermer l’œil. La nature respire, je l’entends de ma fenêtre, je tente d’être à l’unisson, de la sentir. Qu’est ce que les oiseaux pensent de tout ça ? Ils s’en foutent de mon travelling, du nombre de plans à tourner. Qui comprend ce que nous allons faire ? Qui comprend le monde dans lequel nous allons basculer ? Qui comprend que dorénavant les jours et les nuits se ressemblent, qu’il n’y a plus de différence. Que l’extérieur se déchirera, rira ou soupirera sans que nous n’en sachions rien, la terre pourra exploser nous serons toujours en train de tourner [...] 

 


Extrait 2:

Maxime ouvre le peignoir de Line qui tombe sur le sol.
-Très bien ! On va jusque là. Philippe ça te va là ?
Le chef opérateur plaque son oeil sur le viseur et sourit sur les fesses de Line.
-Approche-toi... Approche toi encore un peu... Voilà, là c’est bien. Je ne sais pas ce que tu en penses ? Krisbold regarde à son tour.
-Mouais avancez voir... T’as raison... Non reculez... Plus à gauche...
-ça décale Max.
-Ben décale-le.
-Max...
-Ça va j’ai entendu...
-Line un peu plus par là...
C’est la première fois qu’il y a un cul sur le plateau, donc l’équipe technique prend son temps, pour régler des détails. Chacun doit passer entre Maxime et Line ou Line et la caméra terminant des trucs mystérieux. Dans cinq heures plus personne n’y pensera plus mais je sais qu’il va me falloir vingt minutes pour calmer tout le monde, après on pourra travailler vraiment. Philippe le sait mieux que personne alors il ajuste avec minutie la position de Line, la fait tourner sur elle-même, tandis que Krisbold prend bien soin de lui parler dans les yeux, d’un air détaché comme s’il lui demandait de lui servir un café.
-Bon ça y est on la tourne là, on va pas mettre trois heures pour un plan moyen... Est-ce qu’on peut se mettre en place s’il-vous plaît... Philippe, combien de temps pour toi, Camille c’est bon ? Le raccord maquillage est fait ? Vire moi ces sacs Estelle une bonne fois pour toute, est-ce qu’on peut libérer l’espace... S’il-vous plaît cinq minutes pour tout le monde... Cinq minutes pour tout le moooonde !!!
-Tu veux un porte-voix ?
-Ça va on se dépêche !!!
-Je les mets où les sacs ?
-C’est fait...
-Il me faut trente seconde de plus...
-Menteur...
-Max t’es dans le champ là...
-C’est normal je joue dans la scène...
-Alors très bien pour tout le monde, on n’a pas besoin de la revoir ? Julien, Philippe...Ok alors on y va ? C’est bon pour vous monsieur Krisbold ?
-Moteur...
-Le moteur est demandé.
-Le moteur tourne !
-Annonce !
-Cinq sur deux deuxième.
-Rentre le clap !
-Deuxième annonce !
-Cadré.
-Action...

 

 

Cette chronique romancée est parue aux Editions 1 Artiste. Vous pouvez le commander en cliquant sur l'image:

 

Livre papier: 10 € + frais de port (partout dans le monde)

Livre PDF: 3 €


par Muriel Roland publié dans : Romans

*

 

 
Tous les textes mis en ligne sur ce site sont protégés par un copyright.
Si vous désirez obtenir les droits pour certains écrits, notamment les textes à jouer tels que scénario ou pièce de théâtre faites-en la demande auprès de l'auteur.
 

contact.gif

etoile001.gif

Actualité

n ce moment...

Le roman "Cinema s' Trip - Chronique du Tournage d'un Film", vient de paraître aux Editions 1 Artiste.

Pour le commander cliquez sur ce lien:

 


 

Newsletter

Inscription à la newsletter
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus