Le chant de
l’herbe
Dix mois que je n’ai plus rien dans le sang, dis-moi que je vais bien à présent,
accrochée au caillou de résine comme je l’étais souvent. Je me résigne à l’envie d’un instant, fuyant le besoin irrationnel et le manque cruel des volutes criminelles qui me crament la cervelle.
Où vont ces idées exilées du réel où pointe l’ombre d’une vie artificielle ? Au chant des champs surnaturels qui crachent au ciel des leurres aseptisés, des lueurs de soleil transpercé. Ces
nuages me conduisent vers l’infini dommage au coeur duquel je veux tomber. Le triste abîme recherché. L’indomptable firmament de vide. Le guette-apens avide d’humeur vaine, de volonté putride.
D’un geste et d’une bouffée l’avenir semble splendide, alors qu’au fond de mon âme je crève de ces drames sans trêves, attachée aux doutes qui se soulèvent. Dans mes veines aujourd’hui passe le
taxi de rêves aux ailes plombées, mais dans ma tête se plante le glaive de ma victoire hallucinée. Dix mois que je n’ai plus fumé. Dis-moi que j’en ai terminé avec cette herbe folâtre qui frelate
mes pensées.
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Publié dans : Monologues