Muriel  Roland  Darcourt

Muriel Roland Darcourt

auteur, écrivain, scénariste - Ce site est en maintenance, merci de votre compréhension.

Le vol d’écrits

Muriel Roland Darcourt

Catégories : #Fragments

 


Je venais de terminer un texte, pas le plus beau qui soit mais tout de même j’étais contente de moi. Je disais des choses d’une manière simple, pour une fois, et ces mots étaient adressés à quelqu’un qui m’est cher, pour lui plaire, et étaient censés lui faire du bien.


Je l’ai posté comme on envoie une lettre, dans l’écrin de mon site qui recèle ce que je suis ou ce que j’aurai pu être, en espérant que ce quelqu’un le lise, et me dise qu’il l’avait bien reçu comme une caresse que j’aurai voulu lui prodiguer par des phrases que j’avais concoctées.


Je suis allée faire un tour sur la toile, là où chacun se dévoile, où les écrits et les cris s’entremêlent, qui parfois résonnent comme un appel, comme cette lettre que je venais de semer au vent des lecteurs assoiffés d’entrevues virtuelles, quand au détour d’une page j’aperçus une image sous laquelle mon texte était posé, mot à mot, enfin presque, juste un nom et un adjectif changé.


Je restais éberluée devant autant d’audace, de voir mon texte signé de la main de quelqu’un d’autre, proposé dans un autre contexte et à une autre place, avec ces deux vocables où la laideur se vautre, trahissant mon aubade de ces fades propos, et provoquant chez les liseurs une sorte de quiproquo : qui a écrit ces mots ?


J’ai ressenti comme une violence inouïe, l’usurpation de mes écrits, distillés au gré de la malhonnêteté d’un être avili de s’être approprié ce qui n’est pas de lui. Cet infâme voleur de lettre qui s’enorgueillit d’être un auteur alors qu’il sait lui-même qu’il est loin d’être à la hauteur, a pillé mon poème, dérobé mes envolées de mots, bien à l’abri caché par un pseudo.


Faut-il arrêter de poster des fragments étoilés de nos vies, sur la toile, au gré de nos envies, pour offrir à ceux que l’on aime des récits emplis d’intimité profonde, parce que quelques voleurs de lexies les spolient d’une manière immonde ? Faut-il faire fi de ces détournements de fantaisies vagabondes qui nous donnent l’odieuse sensation d’être comme cambriolés aux yeux du monde ?

 

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Léo Hervé 22/09/2011


Voulez-vous que je vous dise ? C'est un de mes rêves d'être ainsi cambriolé !


Buse 22/09/2011


C'est très bien écrit. Maintenant, pour le contenu, comme disait l'autre : " c'est le jeu ma pauvre Lucette". Publier, ici ou ailleurs, c'est le risque de se faire plagier ou piller. Si c'est le
cas, c'est plutôt flatteur, non ?
Si on ne veut pas voir son "bébé" adopté par un autre, il faut le laisser bien au chaud à la maison. Ou bien encore sous la chaude protection de la propriété intellectuelle, éditée ou non.
Une fois balancé sur la toile, il vit sa vie. Le plus important, c'est qu'il soit lu, ou de savoir de qui il est ?
Alors, c'est un problème de support...


Micro 22/09/2011


Tu as su faire d'une épreuve et d'une mésaventure, un joli texte, bien fait...
Merci pour ce moment agréable de lecture !

Publier sur le net des textes de qualité, mais... pas ceux auquel on "tient fort" ! Ou alors, les mettre à disposition d'un nombre très restreint !

Quelque soit le médium utilisé, un auteur de talent sera forcément plagié...
Ou diffusé à son insu : photocopie du texte, prêt...

C'est rageant, mais ça fait malheureusement partie du processus de diffusion de n'importe quelle oeuvre !


Ante 22/09/2011


Publier un texte, c'est l'accomplissement du travail d'écriture. On ne doit pas garder pour soi les plus beaux mais justement les faire partager.

Le texte (mais toute autre création aussi) reste la propriété de l'auteur. Beaucoup de gens pensent que parce que c'est sur internet, on peut en faire ce que l'on veut. Mais non, il suffit juste de
citer l'auteur même s'il ne s'agit que d'un pseudo. Il ne devrait pas y avoir de loi pour cela. Etique et respect devraient suffire. Force est de constater que ce n'est pas toujours le cas.

J'ai vécu cela et à tous les niveaux : copie partielle ou totale d'articles (d'informatique) et même d'un texte ("Après"). J'ai toujours obtenu gain de cause, que ce soit au niveau du plagieur ou
du webmaster du site.


Janot 23/09/2011


C'est l'inconvénient du net, tu ne peux pas faire grand chose contre ça. Ta mésaventure m'est arrivée deux fois et jamais les usurpateurs incriminés n'ont eu la franchise d'avouer, jurant que la
ressemblance criante de leurs textes avec les miens n'était que pure coïncidence.

Tu exprimes très justement la frustration que l'on peut ressentir dans ces moments là.


Jale 23/09/2011


Il y a de voleurs de textes comme il y a des voleurs d'argent ou de bijoux.
Je crois que nous écrivons surtout pour nous même, pour nous connaître, pour nous accepter, pour nous aimer.
Alors laissons les voleurs se battre avec leur vol et nous, continuons a nous développer et a grandir dans notre art.
Amicalement


Anne-Marie 23/09/2011


C'est le risque courru par chacun de ceux qui, ainsi que vous le dites si joliment sèment sur la toile des "fragments étoilés" de vie , de voir des copieurs, plagieurs de tous poils et de toutes
plumes malhonnêtes, venir piller impunéments les trésors des autres ! Des pies voleuses quoi !
Votre texte, soi dit en passant est très bien écrit, alors continuez à écrire pour ceux qui vous apprécient, vous reconnaissent et ne se tromperont pas eux, en vous lisant !


Bernard H 23/09/2011


De tout coeur avec vous, Muriel, ces pratiques sont tout simplement insupportables. Le minimum dans ces "copiés/collés" sauvages est de citer le nom de l'auteur.


Jani 23/09/2011


Je viens de lire d'une part le livre de darieussecq sur l'accusation de plagiat, et d'autre part un article assez détaillé sur la question, c'est édifiant !
Bien sûr sans doute parfois on s'approprie, presque malgré soi, des alliages de mots trouvés dans un livre ou dans un autre, et qui nous ont frappés, et on les fait siens.
Mais ça ! Beurk !


Phil 23/09/2011


Les plagiaires sont légion hélas, mais cela peut coûter très cher lorsque c'est prouvé et en cas de plainte, je crois que cela peut aller jusqu'à une amende de 300 000€ et de la prison ferme.


louv'opale 23/09/2011


C'est mesquin, c'est petit. Le type qui a fait ça doit se sentir tellement moche ! Le pauvre, il est jaloux de votre talent alors il s'est approprié ce qu'il n'est pas capable de créer. Bah !
Laissez tomber ou répondez lui avec humour, histoire d'agir plus intelligemment que lui !


Marcel 23/09/2011


Pas d'inquiétude. C'est le début de la célébrité.


Elid 23/09/2011


Il faut lui dire en commentaire pour lui donner la honte de sa vie et qu'il ne recommence plus ...


Candy 23/09/2011


Les plagiats sont normalement sanctionnés par les loi, s'il y a droit d'auteur. Mais comment faire pour assurer ses droits pour chaque écrit . Une seule chose: le plagieur est vite découvert ,
parce qu'il est incapable de produire plusieurs écrits du même niveau .


Ukro 07/10/2011


Une écriture qui fait penser à la rencontre de deux houles, à un navigateur du Pacifique, à une pirogue à balancier... Merci au voleur à qui nous devons ce cri du cœur si bien tourné.
Et si je puis me permettre une grossièreté à son endroit, Muriel, je lui dirai : "Homme de petite foi, que le cul te pèle !"


Pascale 08/10/2011


Comment le prendre ? Comme le début de la reconnaissance ou comme un viol ? Ma réaction serait d'abord mitigée, mais je crois qu'un brin de colère entacherait ma bonne humeur !
Si nous l'assaillions de commentaires ? Ce pourrait être amusant...
C'est magnifiquement raconté en tout cas...


Quasimodo 21/10/2011


ça arrive souvent sur les sites et même dans les maisons d'éditions,console toi en te disant que si ton écrit a été plagié c'est que le plagieur l'a trouvé beau


Le Chevalier dauphinois 04/11/2011


Le web... La toile qui vole.... mais pas dans les airs... L'air de rien, elle participe au vol de nous. Elle ne noue pas les hommes, elle ne nous noue pas.
Elle donne à ceux qui n'en ont pas l'air d'être, d'avoir l'impression.
Elle fait exister les sans idée par l'idée des sens interdit.
Car sans interdit sont nos idées volées.

Plutôt que de panser mes blessures du vol de moi, penser mes mots en n'écrivant rien.


Christelle G. 20/05/2012


J'ai rencontré pour ma part un prédateur d'écrits. Très bel homme, sûr de son charme, chanteur à deux balles ayant autour de lui une cour d'admiratrices.


Il y a quatre ans, raide dingue de lui, je lui ai écrit sur mesure un beau texte pour son futur album. Une fois envoyé, silence radio. Très déstabilisant, un fort doute sur son potentiel,
était-ce donc si médiocre ?


J'ai ruminé ma rancoeur jusqu'à il y a encore quelques jours où, apprenant qu'il souhaitait faire très vite un deuxième album, je me suis dis qu'il était temps pour moi de savoir.


Je l'ai contacté sous un autre pseudo, jeune auteure de théâtre, admiratrice. Très vite, au bout de quelques échanges, il m'a demandé si j'avais déjà écrit des chansons. J'ai confirmé et 
voici sa réponse : "Si tu me laisses poser les mains sur tes écrits j'en serai très très heureux". Poser les mains, vous aurez traduit comme moi "mettre la main".


Je ne vais pas m'étendre, pour simplifier il est en manque d'inspiration et de partenaires car son premier album est un fiasco. Lors d'une interview, j'ai appris qu'il avait
transmis  (vendu) des textes de chansons à Florent Pagny et autres personnalités du showbizz.


J'ai compris qu'il s'agissait d'un prédateur, ou séducteur-manipulateur comme vous voulez, usant de son charme pour soutirer des femmes leur sustente moelle, confirmé après de longues visites sur
sa page Facebook où, pour ses beaux yeux, il a ainsi gracieusement à sa merci une photographe, une journaliste, une musicienne etc.


M'ayant dit entretemps qu'il trouvait mes écrits très bons, j'en conclue que ce premier texte qui m'était si cher a fini dans ses tiroirs et réapparaîtra peut-être un jour dans un répertoir
quelconque.


Il y a donc certains êtres humains qui n'hésitent pas à vampiriser les autres pour arriver à leurs fins.