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...romans, nouvelles, lettres, pièces de théâtre, monologues, scénarios, poésies, écrits divers...
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..En as-tu Mangé Van Gogh ?, Lettre à VincentAutoportraits d'un Sursis, Premier RomanPassé Simple, Monologue à MaximePour Alice, Nouvelle à AliceLes Amants Terribles, Poésie à VousLe Don Potentiel, Nouvelle à DomiL’Examen, Lettre à JBMaux d’Esprit, Scénario de Court MétrageLe 8ème Art, Lettres aux AutresCasinostreap, Poésie au JoueurÇa s’est passé comme ça, Lettre à DavidLa Mélancolie des Pierres, Pièce de ThéâtreElle Allait Voir La Mer, Monologue à ClaireL’Homme qui me plaisait, Nouvelle à l’exL’Ile AbsurDie, Scénario de Court MétrageMaris et Femmes, Monologue aux AmoureuxLes Fleurs, Lettre à ParaPigliaCinema s’ Trip – Chronique du Tournage d’un Film, Deuxième Roman]]>fr2007-08-23T12:36:51Z
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"Voici mon roman. Il devait culminer à deux cent quatre vingt
pages, pour faire sérieux. Il en a cinquante neuf, c’est mieux que vain. L’histoire. Ben c’est toujours pareil, la mort, la vie et tout ce qui va avec. Voilà. Que dire de plus. Ah il est écrit en
français –je dis ça pour la traduction future- si ça nécessite de passer les frontières. Il ne devrait pas être trop coûteux. Pour la parution, au vu du nombre de mots absents, et tenir
facilement sur un carnet transportable dans tous les lieux communs. Le genre de littérature, je veux parler de la classification, de l’étagère sur laquelle il sera entreposé. Si vous avez
quatorze ans et demi il vous paraîtra chiant fatalement, je vous laisse trouver pourquoi. Si vous en avez trente vous direz qu’il ne vous cultive pas, à quarante c’est pire, à cent vous seriez
choqués. Comme quoi. Il y a plusieurs lectures possibles, et il se peut que vous le pensiez profondément con, je ne vous cache pas qu’à moi aussi ça m’est arrivé. Par contre, s’il vous fait rire
c’est que vous êtes atteint de ma folie. Normalement. Et à ce moment-là vous le croirez presque raisonnable."
« Autoportraits d’un Sursis »
ROMAN
Un petit livre entre anticipation et surréalisme.
L’histoire d’une ville en sursis et de ses
habitants.
- Le Jeu d'Athénagor -
*
Résumé de L’histoire
Athénagor et les Autres vivent dans un monde où le jeu est une monnaie d’échange, où les Cérémonies des Fleurs se transforment en pugilat, où les Sentinelles courent derrière les
habitants après leur mort et où le Cloisonnage de l’Esprit fait office de solution.
Un monde fou qui ne tourne plus tout à fait rond, une foultitude de
personnages bariolés qui se croisent et se perdent, tous sursitaires dans leur vie et dans leurs attitudes à travers le récit d’une ville qui bascule dans le désarroi face à l’imminence d’une
coupure d’eau.
*
Début du Roman
« L’Hydrolice venait d’annoncer une coupure d’eau. C’était la troisième fois ce
mois-ci. Elle aurait lieu à midi, heure locale. Aucun renseignement quant à sa durée n’avait été donné. Les Activateurs avaient reçu une circulaire que chaque habitant se devait d’accepter. Age,
nom, fonction. Formulaire à retourner instantanément sous peine de graves sanctions. L’Hydrolice y spécifiait qu’elle se déchargeait de toutes responsabilités en cas d’évènements malheureux, et
toute plainte portée postérieurement à l’heure de la signature resterait inécoutée. Il était vivement conseillé d’éviter tout incident durant la coupure. Nul ne devait prendre de risques, tomber
malade, s’égarer ou se faire tuer. Les Secours de l’Organisme n’interviendraient pas. La Garde de la Liberté non plus. Tous les services du Gouvernement du Monde seraient interrompus puisque
l’eau ne serait plus distribuée.
Une campagne d’information de grande envergure avait été lancée et un
nombre impressionnant d’Affiches s’étalait sur les murs. L’Agence du Marché qui détenait le monopole de la communication avait vivement souhaité renouveler son message. Elle ne voulait plus du
jeune homme aux muscles charismatiques, qui de son rictus cyclonique ravageait les cœurs sensibles des villes, puisqu’il était dangereux. Pourtant le jeune homme se contentait de tenir des
ciseaux, mimant le geste de couper hypothétiquement ce qui ressemblait à un Lavoir, un Réservoir ou à une Plage, de sorte que l’on ne savait pas très bien ce qu’il faisait semblant de couper,
mais il le faisait avec un tel contentement que son apparente bonne humeur se propageait à l’âme des habitants. Ainsi chaque personne qui pensait à la coupure d’eau se souvenait immédiatement de
lui et l’idée même de cette coupure devenait supportable. Presque agréable. Les habitants ne voyaient pas le danger. Ils se disaient « Tiens, il ne va plus y avoir d’eau » et ils
buvaient le bellâtre en pensée. Il y avait eu des accidents, graves. Mille neuf cent trente-deux morts avaient été recensés et d’innombrables abîmés en tout genre avaient dû être soignés à la
suite de la dernière coupure. Le jeune homme était en conséquence très certainement la cause directe de cette hécatombe, néanmoins il était si charmant que l’Agence du Marché avait longtemps
hésité à se séparer de lui malgré les nombreuses catastrophes survenues par sa faute. Heureusement, le silence immuable des muscles avait fini par lasser et l’on avait enfin pu le remplacer. Le
Monde fût alors envahi par l’image d’une jeune fille blonde au sourire faussement angélique que prolongeait un regard d’une innocence improbable, se répandant de ville en ville telle une rumeur
égrillarde. Elle aussi faisait semblant de couper (l’Agence du Marché souhaitait garder cette explicite métaphore) mais les objets étaient maintenant identifiables par tous. La mignonne menaçait
de ses fameux ciseaux un Grimoire, un Cailloumobile, un Activateur, un Litémouvant, enfin, tout ce qui fonctionnait avec de l’eau, pour signifier que l’on ne pourrait pas se servir desdits objets
jusqu’à ce que les conduits soient rétablis. La jeune fille sous son impassible douceur laissait poindre un zeste de machiavélisme, juste assez pour inquiéter mais pas trop. Il ne s’agissait pas
non plus d’affoler la population mais plutôt de l’inviter à la prudence. Et puisque la jeune fille ne suscitait pas comme le jeune homme une fascination démesurée car sa beauté était des plus
banales, les habitants pouvaient facilement l’identifier comme l’une des leurs et avaient pour elle presque peur, qu’elle continue de se servir de ces objets alors que la coupure
menaçait… »
*
Fin du Roman
[…] Bija ne resterait pas très longtemps
auprès des Dissidents puisque son exemplaire reconversion rayonnait au sein de l’Onju. L’année finissante verrait son Etage enrichi d’un autre supplémentaire, confirmant pleinement son
intégration et son acceptation au sein de Varanville. Après quelques années d’errance il avait incorporé la vraie vie et son irréprochable conduite ainsi qu’un sérieux engagement lui avait
conféré le statut d’habitant. Il ne se sentait pourtant pas à sa place. Nulle part d’ailleurs dans ce Monde. Les frontières établies ne correspondaient pas aux siennes, et au cœur du campement,
il cloisonnait les effluves de Dissidence qui végétait en lui, tout en regardant inquisiteur et inquiet ceux qui en survivaient encore.
Ce roman vient d'être réédité aux Editions 1 Artiste
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Les Amants Terribles
Je suis passée vous voir sans penser vous trouver là Au hasard de mes pas Je suis arrivée jusqu’à vous sans oser m’approcher, Je vous ai regardé Dormir, sans paix. Les oiseaux se sont tus, je retenais mon souffle, mes prières. Pourquoi ont-ils fait cela ? Est-ce vous, les autres ? Cette révolte. Cette colère. Alentour j’entendais les saluts, La joie de certains et l’ennui aussi, les chahuts. Chacun chez soi, Seul ou en famille depuis des siècles, des années, quelques mois. Il y avait des fleurs mais pas pour tout le monde, Des visites, quelqu’un agenouillé, un autre qui se pressait, Le silence à la ronde Un arrosoir plein d’eau Quelques photos. Je m’expliquais les vies, ce qu’elles avaient pu être, Peut-être J’en complimentais deux - trois qui avaient vécu longtemps Qui avaient souffert plus que d’autres Forcément. Je les ai appelé, hep vous autres ! Savez-vous ce qui se passe chez nous en ce moment ? Voyez-vous toutes ces guerres inutiles, Ces victimes inutiles, Vous tous sous vos monuments. Des listes de noms, sans causes Tous les âges, tous, de toute façon alors pourquoi précipiter les choses ? Les alignements Sous le soleil éclatant Sous les ombrages des arbres, ce silence apaisant J’aime parler dans cet endroit, plaisanter Et j’espère un rire, un sourire, J’aime marcher Et vous lire A travers quelques dates, quelques plaques laissées Là pour la mémoire, pour la gloire, à perpétuité. Il y a des chapelles et un trou commun Pour ceux dont on ne sait rien. Je suis arrivée jusqu’à vous et j’ai imaginé l’horreur La peur Ma peur m’empêchait d’avancer plus loin. Je n’ai pas osé passer Devant vous l’air de rien La pierre était fêlée. Je me promenais innocente et j’ai levé le regard, baissé la voix. J’ai senti qu’il ne fallait pas. Il y avait une tête de marbre, éclatée. Il y avait une statue, balayée. Il y avait le toit qui s’écroulait et le granit déchiré. Cette tombe était en larmes, En drame J’ai vu vos yeux menaçants qui m’interdisaient un mot, un pas de plus, J’ai entendu votre rage, je me suis tue Le sol se serait ouvert si j’avais osé Vous braver. J’ai entendu : n’avance pas ! Ne viens pas. Ta gueule. J’ai entendu : qu’est ce que tu fais là ! Tu ne comprends pas Toi non plus. Pour qui te prends tu A nous imaginer comme ça Tu ne connais rien de nous, tu ne sais pas, N’avance pas. J’ai vu la ferraille plantée dans vos cœurs, vos visages fous et vos lèvres crevées, Vos ossements séparés. L’un à côté de l’autre, dans deux cercueils, séparés. Une petite fille courait dans les allées, N’y va pas ! N’approche pas, Ils ne veulent pas. Ils sont debout, Devant nous N’approche pas. Ils nous tiennent en respect au bout de leurs lances, Ils font la guerre depuis qu’ils sont enterrés là, Comme ça. Ils me parlent, je recule, ils s’avancent. Va t-en toi, petite fille, plus loin, Va dire bonjour aux enfants le long du chemin, Montre leur ce qu’est la vie à sept ans, Ce que c’est d’être vivant A cet âge, certains ne savent pas. Moi je reste là. Je fais face Même si la peur m’enlace, Même si je pleure De terreur. Je comprends. Ils me disent, tu vois, notre amour n’était pas possible, Impossible Personne n’a voulu, Nous n’avons pas pu, Nous l’avons fait quand même. Tu vois ce qui arrive Lorsque l’on se croit libre Que l’on fait ce qu’on veut Qu’on s’aime Alors qu’on ne doit pas. Qu’on joue avec le feu. Ils nous ont mis ensemble, ils n’ont pas pu faire autrement. Nous l’avions dit, Nous l’avions écrit, On les a obligé. Nos corps enlacés quand ils nous ont retrouvé. Ils le savaient pourtant. Et toi Puisque tu es là, Encore, puisque tu nous écoute Crier de l’au-delà Ecoute. Nous avons gratté la pierre à main nue Pour pouvoir nous toucher. Nous avons soulevé l’alcôve avec nos pieds Nous avons hurlé Pour réveiller les autres, qu’ils sortent la nuit pour nous aider Personne n’a pu. Ils ont scellé nos sarcophages, d’acier, A l’un et à l’autre et cette barrière Tu vois est plantée Dans la terre Elle est en fer rouillé Jusqu’à 10 mètres au moins de profondeur et nos cœurs saignent depuis 90 années. Nous ne pouvons plus nous embrasser. Tu vois ce qu’ils ont fait ? On voulait être ensemble pour l’éternité, Ils nous ont séparé. Alors avance maintenant et dis nous Dis nous Que tu regrettes cette inhumanité. Comprends que nous ne cesserons jamais de crier Pour que l’on sache, que personne ne recommence jamais. Approche toi de la tombe, De nos tombes Et sculpte dans la pierre Grave jusqu’à la terre Creuse dans nos âmes, dans nos plaies : Malgré vous, Malgré tout, Ces deux là s’aiment à tout jamais.
Belleville, dimanche 4 juin 2006, 15h30
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