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Muriel Roland Darcourt - Auteur

TEXTES à lire, TEXTES à jouer... Monologues, Poésies, Lettres, Fragments, Nouvelles, Romans, Saynètes, Scénarios, Pièces de théâtre...Les textes de ce site sont protégés par un COPYRIGHT.


Interviews

Publié par Muriel Roland Darcourt sur 12 Juin 2017, 18:25pm

Catégories : #l'Auteur

À l’occasion de la sortie de mes livres, je me prête au jeu des Interviews qui paraissent dans les journaux et sur Internet.
Je mets ici, pour ceux que ça intéresse, les questions posées par les journalistes et les réponses qui (je m’en excuse) varient selon mes humeurs.........



 

Interview Lune de Glace le 25/03/2015



Commençons l'interview Muriel ...
- Qui êtes-vous, en quelques lignes ?

Je suis une écrivaine convaincue que si elle cesse d’écrire, elle meurt. Alors je n’essaye pas. L’écriture c’est ma concubine, je l’aime, je la déteste, quand elle part je lui crie « reste », parce que je n’ai que ça. Elle remplit mon existence de bout en bout. Elle est ma passion, mon tout. Sans elle je n’existe pas.


- D’où vous est venue l’envie d’écrire ?
Très jeune j’écoutais dire de la poésie, souvent. C’est venu naturellement… Je ne me rappelle plus bien quand j’ai décidé de devenir écrivain : à 6 ans, puis à 10 puis à 13… L’écriture est revenue à 25 ans avec l’envie de ne plus me quitter. Une histoire qui dure depuis un bon fragment d’éternité.


- Lesquels avez-vous préféré écrire et pourquoi?

« Cinema s’Trip – chronique du tournage d’un film », celui-là je n’ai pas cherché à le faire publier. Il s’agit d’un roman court que je mets en téléchargement gratuit. Pour présenter une partie de mon travail. Comme ces textes que je propose à lecture sur mon blog et qui terminent pour la plupart joués sur des scènes de théâtres. J’ai écrit ce petit livre – cette chronique – dans la jubilation. Ça change de ces textes dont l’écriture me malmène, qui sont mes émotions.


- Où puisez-vous votre inspiration ?
En moi et dans tout ce qui m’entoure… Partout dans ce qui m’intéresse. Une musique ? Une image ? Une balade ? Et un nouveau texte voit le jour, pas toujours en rapport direct avec le sujet, mais plutôt ce que m’inspire l’humeur du moment.


- Quels auteurs vous ont le plus influencé ?
Il y a ceux que j’admire et ceux que je déteste lire… chacun à leurs manières ont influencé mes écrits. Il m’arrive d’écrire ne serait-ce que pour répondre à quelqu’un ou pour le faire taire.


- Quels livres vous ont le plus marqué ?
C’est une question d’instant. Certains posent des questions, d’autres donnent des réponses, et quand ils arrivent au bon moment ce peut être un vrai choc. Un livre peut bouleverser une vie, brutalement ou en douceur, mais à chaque rencontre réussie il y a des traces dans les renaissances et dans nos existences d’après.


- Avez-vous encore le temps de lire ?
Je le prends. C’est important pour moi de travailler.


- Quel est le livre que vous lisez en ce moment ?
J’en ai toujours plusieurs, je les lis en même temps, de genre différent, en fonction des humeurs, sur différents supports. La lecture n’est pas la même, chaque fois une nouvelle aventure, c’est ça que j’aime.

- Quel est le dernier livre que vous avez lu ?
Je termine un recueil de textes de Raymond Devos « Matière à rire », je lis deux sketchs tous les matins, ça donne la couleur de la journée, entre finesse de ton, jeu sur la langue, pour un beau voyage vers l’absurde. Et je referme « Journal Intime » de Chuck Palahniuk, enchantée de l’avoir lu.


- Auriez-vous envie de nous décrire votre première rencontre avec votre premier éditeur ?
J’ai plutôt envie de vous raconter ma dernière rencontre. L’éditeur est venu sur mon site, a lu quelques textes et m’a demandé par courrier si je n’avais pas quelque chose de plus long à lui proposer. Je venais de terminer un roman, je lui ai envoyé. En quinze jours tout était fait : signature du contrat, maquette et lancement du livre. J’étais ravie, un petit bijou. Et je n’ai plus de nouvelles de mon éditeur depuis… Par contre lorsqu’on achète un livre on le reçoit, mais mon éditeur, lui, ne répond pas. Quant aux droits d’auteur…


- Quels sont vos rituels d'écriture ?
Je n’en ai plus, je m’en suis débarrassée ! Je ne voulais pas croire que je n’étais plus capable d’écrire sans allumer ma bougie, poser le Lexis à gauche, le Beschrelle à droite, ainsi qu’un tas de petits accessoires dignes d’une échoppe de magie blanche qui devaient m’apporter le succès. Désormais lorsque j’ai envie d’écrire je sors mon stylo, c’est simple.


- Avez-vous un genre favori, ou même des goûts particuliers en lecture ?
Je lis tout ce qui me tombe sous la main. Mais quand je veux me faire plaisir je plonge dans ma bibliothèque et j’ouvre des livres par ci par là, lisant un passage, une fin, un début, quelques phrases qui m’ont marquées, pour me donner du courage.


- Un vidéo clip ou une chanson qui vous inspire ?
J’aime lorsque mes amis m’envoient ce qu’ils écoutent sur les réseaux sociaux, quelques fois je découvre une pépite qui va m’accompagner pendant plusieurs heures voir plusieurs jours dans l’écriture d’une scène ou d’un roman. Je me laisse guider par la musique, je ne décide pas.


- Avez-vous un projet de roman en cours ?
Oui plusieurs, des premiers jets à prendre et à reprendre, à raturer, à recommencer… Sans cesse. Revenir chaque fois, laisser reposer. Mais quoiqu’il arrive, continuer.


- Y a-t-il une citation qui vous interpelle ?
Genèse 1, 1.3 « Dieu dit : « que la lumière soit » et la lumière fut. » Depuis je cherche la lumière, celle qui est en moi et celle que je peux discerner à l’extérieur.


- Comment gérez-vous les critiques des lecteurs de blogs qui ne sont pas des spécialistes ? (critique positive et négative) ?
Sur mon blog on peut laisser un commentaire… Les gens le font… Je les mets tous. Je les relis de temps en temps pour voir ce qu’ils ont pensé de mon texte, ce qui les a motivés à m’écrire un petit mot. Provoquer quelque chose est l’un des buts de ma vision d’écrire, la pire des critiques pour moi c’est le silence…


- Une citation qui vous a marquée ?
« La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent. » Albert Einstein. Elle me fait peur cette citation, elle me ressemble. Je n’arrête pas d’essayer de changer mon écriture et elle ne change jamais. Alors c’est qu’au fond je fais toujours la même chose. Ce constat me terrifie. M’interpelle. Suis-je folle de croire qu’un jour il y aura un résultat différent ? De l’attendre ?


- Avez-vous reçu des remarques surprenantes de la part de lecteurs ?
Oui, chaque message est une surprise, je découvre ce qu’un texte a pu susciter chez une personne, avec ses mots, à son tour elle me dit ce qu’elle a ressenti. Les commentaires sur mon blog sont les salaires de mes textes, quelques soient les remarques.


- Quel serait votre mot d’encouragement pour un nouvel auteur ?
Ne regardez pas le chemin à parcourir mais au fil des jours le chemin parcouru…Quand vous vous retournez s’il vous donne le vertige c’est que vous êtes dans la bonne direction.

Merci Muriel


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Interview Gribouille 09/01/2016


- Présentez-vous aux lecteurs ?
Je suis née en 1971. Après une formation en danse et en arts plastiques, suivies par des études de cinéma, j’ai travaillé sur les plateaux de tournage de films que j’ai abandonné en 2004, pour me consacrer à l'écriture de romans et de pièces de théâtre. J’écris beaucoup de textes courts, des monologues destinés à être joués sur scène, et j’œuvre parallèlement à des formats plus longs. Toujours dans une littérature de ressenti, de mon style pseudo naïf teinté d'ironie noire, je parle des gens que je rencontre en les imaginant. Les « Paradis du Fou » est mon cinquième roman.

 


- Vous dites dans votre présentation : " Grand-père poète, Mère boulimique de lecture, 1ère tentative d’écriture vers l’âge de 9 ans, certitude à 12 que je deviendrai un écrivain plus tard". Que représente pour vous l'écriture ?
Jusqu’à aujourd’hui l’écriture représentait tout. Rien d’autre n’existait. Je lui ai tout sacrifié, absolument tout. Maintenant que j’en suis à mon septième roman, à mon centième texte de théâtre, à mon énième poésie, je pense que ça ne valait pas le coup. Même si j’ai fait beaucoup d’autres choses, il me semble que d’une certaine manière, à cause d’elle, de cette écriture impérieuse, je suis passée à côté d’une partie de mon existence… Depuis quelques temps j’ai une rage de vivre, de rattraper ce temps perdu, ce qui donnera lieu je l’espère à un nouveau souffle pour ne plus tourner en rond comme je le fais depuis quelques temps. Je voudrais avoir davantage de contrôle sur elle, que ce ne soit plus elle qui me mène mais que je décide enfin quand je souhaite la faire venir en moi.

 


- Parlez nous de votre roman " Les Paradis du Fou "? ( Nous voulons tout savoir)
J’ai mis du temps avant de me donner le droit d’écrire un roman, je pensais que cet exercice était réservé à une élite dont je ne faisais pas partie. Et puis un jour, après 10 ans d’écriture en tout genre, j’ai eu le désir irrépressible de raconter une histoire et j’ai écrit d’une traite le premier chapitre d’un livre intitulé « Désastre et la lune » qui est devenu beaucoup plus tard « Les Paradis du fou ». Ce livre m’a accompagné durant près de 12 ans : lorsque je me sentais inspirée j’écrivais un bout, puis un autre et je le rangeais dans un placard lorsque je n’avais plus rien à dire… Quelques fois je le reprenais et je le trouvais bon alors cela me donnait du cœur à l’ouvrage mais quand je le relisais je l’estimais mauvais alors je le remettais dans son placard. D’autres livres ont vu le jour bien avant qu’il ne soit terminé… Et puis en 2011, un éditeur m’a contacté via mon site sur lequel je mets des textes en lecture libre, des formats courts. Mon écriture lui a plu et il m’a demandé si je n’avais pas quelque chose de plus long. Il y avait ce roman, que je venais juste d’achever, étant certaine de ne plus vouloir le retoucher de toute mon existence : je l’ai renommé « Les Paradis du Fou » et je l’ai proposé à cet éditeur qui l’a publié.
J’ai sué sang et eau pour arriver au bout de ce projet, m’interrogeant sur chaque syllabe, chaque virgule. Me remettant en question à chaque phrase. Aujourd’hui, c’est le livre dont je suis le plus fière, je crois que c’est le plus abouti, en tout cas j’y ai mis toute mon âme et mes différentes périodes se voient à l’intérieur. Il est sorti sans bruit un 14 juillet juste avant que mon éditeur ne disparaisse… Pour réapparaître 4 ans après avec une nouvelle équipe qui voulait lui donner une chance d’exister. Le revoilà donc à nouveau, extirpé de son placard, 17 ans après le premier jet, et il n’a pas vieilli, bien au contraire… Je le soupçonne de se bonifier à chacun de ses exils placardesques…


- Vous aimez écrire sur plusieurs thèmes, pensez vous un jour vous spécialiser ?
Jamais, l’écriture c’est quelque chose qui est en moi et que je ne contrôle pas. Il y a d’abord l’envie, fulgurante, de raconter quelque chose et c’est la première ligne qui me dit que ce sera un poème, un roman, un scénario, une pièce de théâtre ou encore une lettre que j’envoie à qui me lira. Bien sûr il y a des thèmes qui me poursuivent, qui me hantent, et qui ne se tariront jamais : la vie, la mort, et tout ce qui va avec… Je voudrais juste me débarrasser un temps de cette mélancolie qui teinte l’ensemble de mes textes. Ce que mes proches me reprochent le plus souvent : j’ai, paraît-il beaucoup d’humour et il y en a trop peu à leur goût dans ce que j’écris. Je vais faire un effort, les deux prochains projets vont être drôles, délibérément.


- Quel est le roman que vous préférez le plus, celui que vous ne prêterez jamais ?
Il y a un type, sur cette terre, qui m’a envoutée… Par son style, ses mots, ses romans que j’ai tous lu d’une traite et qui est une sorte de maître que je me suis choisi. Il a écrit un livre que j’ai ouvert pour la première fois en 1997 et que je n’ai toujours pas terminé, que je refuse de terminer. C’est André Gide, et « Les Nourritures Terrestres » est une perle rare dont je relis plusieurs fois chaque phrase avant de pouvoir passer à la suivante. Il me reste encore les 3 derniers chapitres et j’espère en avoir encore pour les 40 années qu’il me reste à vivre. Je ne sais même plus de quoi il parle ce roman et je m’en fous, je le lis et le relis sans cesse sans m’attacher à l’histoire, je me délecte de ses lexies…


- Quelle a été votre plus belle rencontre littéraire ?
Ma plus belle rencontre littéraire est indéniablement mon grand-père qui a eu 9 enfants et qui se levait tous les matins à 5h pour pouvoir écrire seul et tranquille dans sa petite cuisine, des poèmes tandis que tous dormais. Je ne savais ni lire ni écrire quand il m’invitait le dimanche à l’écouter me déclamer ses vers ainsi que ceux de tous ceux qu’il admirait. Je suis tombée en amour des mots que l’on change, que l’on crée lorsqu’ils ne sont pas assez jolis, et j’ai toujours eu en moi cette conviction profonde que ce serait la mission la plus importante de ma vie.


- Vos projets ? et que direz-vous à vos lecteurs ?
Des projets, j’en ai plein le cœur et les placards où dorment encore ceux qui ne sont pas encore finis. Ce qui se profile prochainement : Une pièce de théâtre « Les Fiançailles » et un roman dans lequel je mets à profit mes sept années d’études en Théologie qui se nomme sobrement « Alléluia ! » :)
Ce que je voudrais dire à mes lecteurs ? Désolée, je ne suis que ça. Je travaille chaque jour comme une forcenée pour m’améliorer, et si vous avez du mal avec mes thèmes, avec mon style, avec l’ensemble de mes écrits sachez que moi aussi. Je ne m’adresse à personne, ni aux lecteurs, ni à ceux que je connais déjà, ni à ceux-là qui seront sur mon chemin un jour, même pas à moi. J’écris des mots, parfois je les invente, juste parce que cela me fait vibrer. C’est une passion qui m’anime et le pourquoi du comment je ne sais pas l’expliquer. Tant pis si je déplais, tant pis aussi si je plais, je ne veux faire que ça. Raconter des histoires, jongler avec les rythmes, mon imaginaire ne s’épuise pas : c’est une maladie, quelque chose avec laquelle je suis obligée de vivre et qui fait que je suis moi.

 

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Interview Plume d'auteur 06/02/2016

 

 

- Comment avez-vous trouvé votre premier éditeur ?
En 1994 je suis tombée amoureuse d’Internet. Lorsqu’est venu le désir de publier mes écrits, je ne pouvais concevoir uniquement une édition papier, je croyais beaucoup au format de lecture sur écran. Je voulais d’un éditeur qui ait la même idée que moi. Lorsque j’ai souhaité faire publier mon premier roman en 2004 « Autoportraits d’un Sursis », je me suis constituée une liste d’éditeurs connectés à Internet et proposant à la fois un format papier de l’ouvrage mais également une version numérique. Et, en bonne débutante, j’ai signé à tort avec « Le Manuscrit » un peu rapidement, sans trop savoir ce qu’il en était réellement. J’ai quitté bien vite cet éditeur pour me faire publier par une autre maison d’édition qui a fermé ses portes. Alors aujourd’hui, j’ai repris les droits sur ce livre et je « l’autoédite » via la plateforme Amazon. Chacun de mes livres a eu une aventure particulière avec un éditeur différent. Chiado Editeur qui publie « Les Paradis du Fou » m’a fait une proposition après avoir lu mes textes sur mon site Internet.  J’aime beaucoup  la connexion entre l’écriture et la lecture « en ligne ». 


- Quel est, dans vos créations, le livre que vous préférez et pourquoi ?
Je les aime et les déteste tous pour des raisons différentes. Mais chaque livre écrit m’encourage à écrire celui qui me rendra heureuse à la fois dans son écriture et après dans sa lecture. Celui que je préfère n’est pas édité. Il est trop court mais ce n’est pas une nouvelle. C’est « Cinema s’Trip – Chronique du tournage d’un film » et durant des années je l’ai laissé en lecture libre sur des sites littéraire comme « In Libro Veritas » – « Atramenta » ou encore sur mon propre site. Il a été téléchargé près de 15 000 fois depuis 2006. Fin 2015 j’ai décidé de le mettre en vente sur Amazon, version papier et format Kindle. Ce livre là, je l’ai écrit dans la jubilation. Je ne sais pas pourquoi j’étais si heureuse de l’écrire mais il m’a fait du bien, et puisque souvent on lui fait un bon accueil j’ai coutume de dire qu’il s’agit de ma « carte de visite ».   


- Quel est votre plus beau souvenir en tant qu’écrivain ?
Il y en a tellement ! En fait j’écris depuis toujours, l’écriture a toujours fait partie de ma vie. J’ai grandi avec, je vieillis avec. C’est tout un parcours jonchés de très grandes joies et de cuisantes déceptions. L’écriture s’auto alimente en moi. Mes émotions sont ma matière première. Et il est important pour moi de vivre pleinement les jolis moments mais aussi la tristesse pour mélanger ces sentiments à un univers que j’invente pour avoir la sensation de créer. J’écris toujours avec plaisir. Ainsi chaque texte qui naît devient par la suite un beau souvenir.


- Que pensez-vous de l’édition numérique ?
Je crois qu’un écrivain doit vivre avec son temps, pour mieux le penser. Aujourd’hui la lecture sur écran est aussi répandue que la lecture papier. C’est un monde à part entière et il est important de participer à la vie de ce monde. Et puisque j’écris moi-même la plupart du temps derrière un écran, de cette manière, les lecteurs peuvent retrouver le texte tel qu’il a été créé.


- Quels conseils donneriez-vous à de jeunes écrivains ?
L’écriture est un art qui met parfois des années à se révéler. Pour se donner du courage, il faut penser au futur. Le livre d’après. Celui qui racontera les écorchures du premier. Et ainsi de suite. La vie des livres après se fait sans nous, il faut savoir lâcher prise, prendre la décision de mettre un point final et envoyer les textes vers qui les lira en écoutant certaines critiques constructives. Il faut se faire confiance. Avoir foi en soi. Et travailler encore et toujours plus, revenir cent fois s’il le faut sur une même phrase et ne jamais se contenter d’un premier jet. Avec l’écriture tout est permis, rien n’est grave sauf le fait de ne pas travailler. 

 

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Interview Court-bouillon de culture 05/06/2017

 

1)    Court-bouillon de culture : Muriel Roland Darcourt, vous êtes : 'auteure de textes à lire, de textes à jouer, de monologues, de poésies, de lettres, de fragments, de nouvelles, de romans, de saynètes, de scénarios, de pièces de théâtre...', comme l'indique votre site. Profusion donc ! Restons dans le domaine du théâtre et du roman, quelles sont vos principales réalisations, et quelles ont été leurs portées ?

Il n’y a pas de principales réalisations. La plus importante est celle que j’écris sur l’instant et que je donne à lire. Un texte court de quelques lignes est aussi essentiel à mes yeux qu’un long format. Par exemple, j’ai écrit, il y a de nombreuses années, un monologue : « Lettre à Vincent – En as-tu déjà mangé Van Gogh ? » qui a été une sorte de fulgurance. C’était la première fois de ma vie que j’éprouvais le besoin de montrer au plus grand nombre l’une de mes réalisations, et c’est uniquement pour cette raison que j’ai créé un site. Durant de longs mois c’était le seul texte qui y figurait.  
Depuis, une centaine de textes courts est venue le rejoindre. Petit à petit, selon l’humeur et l’inspiration. Tous sont porteurs d’une partie de moi-même, ce sont des fragments, des instants de vie, que je destine aux comédiens pour qu’ils soient joués (ou lus) sur scène. Pour moi, les principales réalisations sont celles-ci, et réellement, je ne voudrais plus faire que cela. 
L’écriture d’un roman est pour moi une torture, et l’agonie peut durer de quelques mois à quelques années, pour aboutir à mes yeux à pas grand-chose… Les lecteurs n’achètent pas mes livres, ils s’en foutent complètement, tandis que bon nombre de comédiens s’emparent de mes textes courts pour les faire vivre.
Je voudrais, par ce site, que les visiteurs comprennent, que chacun des textes -romans compris- est fait pour être déclamé, et non pas seulement pour être lu dans une intimité qui ne leur convient pas. Je n’écris plus que pour être dite. Quel que soit le format. Certains ne saisissent pas et se contentent de choisir un monologue dans « Monologues » ou une poésie dans « Poésies », ils ne voient pas qu’il n’y a pas de frontières, qu’il faut arracher les barrières du carcan où, à contre cœur, je les ai moi-même rangé. Je suis tombée par hasard sur une vidéo dans laquelle une comédienne récitait un de mes écrits, un texte proposé dans plusieurs catégories, et j’ai vu qu’elle avait tout compris ! 

 


2)    Court-bouillon de culture : Comment travaillez-vous ? Comment cherchez-vous vos inspirations, vos idées, et comment les mettez-vous en œuvre ? Votre méthodologie ? Vos temps de travail jusqu'à l'aboutissement de l'œuvre ?

L’inspiration je ne la cherche jamais, je la trouve. Il suffit que j’écrive un paragraphe pour que les autres suivent. La seule difficulté que je rencontre c’est de faire taire en moi l’angoisse qui me ronge de devoir commencer. Ouvrir mon cahier ou mon fichier peut me prendre des heures, des jours, des mois… Je me trouve mille raisons de ne pas le faire, et c’est souvent avec un nœud au ventre que je me mets chaque matin, vers cinq heures, à ma table de travail. Je peux passer une éternité devant une page blanche à me torturer, et puis, d’un coup, une phrase me vient et tout s’enchaîne. Ainsi, l’un de mes romans « Les Paradis du Fou » m’a fait souffrir durant plus de 10 ans, alors que ma dernière pièce de théâtre a été écrite en 5 jours dans la joie, tout simplement parce que je n’avais pas peur. Je crois que l’insuccès de mes livres m’a délivrée d’un poids immense : celui de devoir écrire pour quelqu’un, d’être attendue. 
Je viens de l’école du scénario, où tout est extrêmement construit autour de règles très strictes, et j’ai appris, au fur et à mesure des années, à m’en libérer, tout simplement en digérant tous les préceptes pour mieux les transgresser. Désormais, j’écris « tout prêt », sans plan ni cheminement logique, je me laisse porter par les mots et quand ils ne résonnent pas dans le texte : je le jette. 
Pour les personnages, je fais toujours appel à mes « amis imaginaires », ce sont des entités existantes ou ayant existé - mais pour la plupart inventées -, qui font une ronde autour de moi tandis que j’écris. Un dialogue ? Je lève la tête et l’une d’entre elles me donne la réplique, c’est très pratique quand on ne sait pas quoi raconter 

 


3)    Court-bouillon de culture : Avec qui travaillez-vous ? Les metteurs en scène, les éditeurs, les publications indées ? Comment vous y prenez-vous ? Et vous trouvez-vous satisfaite des résultats ?

Oh la la non je ne suis pas satisfaite ! Pas satisfaite du tout. Un temps je me suis crue caractérielle à ne jamais me contenter dans une collaboration. Mais c’est parce que je suis une solitaire, j’entends que l’on me foute la paix. J’ai choisi ce métier de l’ombre où l’on est seul, face à soi-même, sans ne rien devoir à personne, même pas à ses lecteurs potentiels. En fait, je me suis laissé influencer pour être éditée, par mon entourage et par la société : il fallait que je produise quelque chose pour exister. Pour avoir le droit de dire « je suis auteur ». Avez-vous remarqué cette perpétuelle exhortation que doivent gérer tous les auteurs au quotidien ? Ça commence par : « Tu es auteur ? Qu’est-ce-que tu écris ? » Alors, eh bien on finit par écrire quelque chose. Ensuite vient le : « Tu es auteur ? Qu’as-tu donc fait ? » Ainsi on s’emploie à terminer un projet. Une reconnaissance ? Même pas ! Puisque suit irrémédiablement le : « Tu es auteur ? Es-tu publié ? ». Et là c’est l’engrenage : trouver un éditeur à tout prix pour montrer que l’on mérite le titre d’auteur. Le livre sort - bien souvent dans l’indifférence générale, surtout de la part de ceux qui vous ont « motivé » -, on est content, on le pose sur une étagère et quand quelqu’un le voit il s’écrie : « Tu es auteur ? Mais tu n’es pas connu ! ». Te voilà donc à faire des pirouettes à la télé et dans les magazines, et quand, pour la première fois de ta vie quelqu’un vient te demander une dédicace, tu crois le travail enfin accompli mais après il y a : « Tu es auteur ? Tu n’as pas de prix ! »… En fait j’envie tous les auteurs qui ont des prix, paradoxalement, ce sont les plus libres !
Oh, j’ai sauté la case « éditeurs », sans le vouloir certainement. Actuellement j’ai écrit plus d’une centaine de textes qui sont en lecture libre sur mon site et j’ai écrit 9 longs formats (5 romans, 2 biographies et 2 pièces de théâtre). J’ai été éditée 6 fois par 6 éditeurs différents, je vous laisse deviner pourquoi. Ou plutôt non je vous donne un exemple, véridique, d’une collaboration : Tu te mets donc tous les matins à 5 heures devant ton bureau la peur au ventre (NDLR) et au bout de 10 ans tu as achevé l’œuvre que tu souhaitais, à la virgule près et puis un éditeur vient sur ton site, trouve que tes textes ont un intérêt et te demande si tu as un roman à lui proposer. Et justement tu viens de le terminer : tu lui confies, confiante, et voilà que quelques mois plus tard, après les corrections effectuées et le BAT signé, que ton texte est publié tel quel (dans une version type envoi aux comités de lecture) avec une très jolie couverture comportant une énorme faute dans le sous-titre ! Qu’est-ce-que tu veux faire à part pleurer ? Et je ne vous parle que de cet éditeur-là ! Pas de celui qui s’est cassé avec mes royalties, ni de celui qui a disparu pendant 4 ans et qui ressuscite avec une nouvelle version de mon roman ! Pas de celui qui m’a revendu à un autre en me faisant signer une lettre qui me force à renoncer à mes droits d’auteur déjà dus… Et surtout pas de celui qui imprime ses livres lui-même dans sa cave avec son imprimante et un bandeau sur les yeux ! 
Sur les 6 éditeurs en fait, j’en ai un vrai ! Celui avec lequel j’ai publié mon dernier roman « Reste », en fait pour moi j’ai un seul éditeur, deux romans publiés et une trentaine de textes joués. Le reste…

 


4)    Court-bouillon de culture : Quel est votre rapport à l'écriture, aux autres artistes, aux éditeurs, aux lecteurs, aux critiques, à Facebook ? Il nous a semblé détecter chez vous une certaine impatience, des périodes de haut et de bas, des temps où vous pouvez envoyer tout balader, il nous a semblé détecter un profil de femme de caractère qu'il ne faut pas faire ch... !?

Vous vous trompez ! J’ai beaucoup changé ces dernières années et je suis un traitement qui régule mes humeurs que je prends lorsque je m’en souviens. Pour tout vous expliquer : un jour je suis tombée amoureuse. Je devais avoir 4 ans. J’avais eu le privilège de pouvoir passer quelques minutes volées à ma très grande famille, dans la cuisine de mon grand-père qui écrivait ses poèmes là. Il me récitait les siens et ceux des autres poètes qu’il aimait particulièrement, c’était une sorte de rituel. Et, ce jour-là, il m’a demandé une chose incroyable, celle de lui trouver un mot ! J’en ai essayé plusieurs sans le convaincre et puis tout à coup il m’a dit : « Quand tu ne trouves pas un mot qui te convient, tu l’inventes ! ». Cette phrase est ancrée en moi depuis le tout début de mes balbutiements d’écrivain : j’avais 10 ans et j’inventais mes premières histoires, mes premières phrases, mes premiers mots. Bien sûr, personne n’y comprenait rien à mes écrits mais moi j’ai su que je ne voulais plus faire que ça. Et c’est quand on m’empêche de faire ça que je me mets en colère ! Quand on croit bon de me rappeler qu’il n’y a pas que ça, justement. Ou lorsque je propose mes textes et que l’on ne me lit pas. Même un coup d’œil, une lecture en travers, quelque chose qui pourrait te faire croire que l’on s’intéresse à toi… Quant aux réseaux sociaux, puisque vous parlez de Facebook, même lorsque vous écrivez « je suis décédée. » il y a toujours quelqu’un pour cliquer sur « j’aime »…

 

5)    Court-bouillon de culture : Comment voyez-vous votre avenir artistique ? Qu'espérez-vous pour les prochains mois ? Et quelle stratégie projetez-vous de mettre en œuvre pour atteindre votre objectif, votre souhait ?

Longtemps, j’ai rêvé d’une carrière posthume. Rester dans l’ombre jusqu’à ma dernière heure. Que l’on découvre mes écrits après ma mort. Pourquoi ? Je n’en sais rien. Pour vivre paisiblement sans doute. Mais, à force d’essuyer des échecs, notamment sur la vente de mes romans, quelque chose qui s’apparente à l’orgueil finit par se réveiller et m’amène à sortir de mon placard, ne serait-ce que pour rappeler que je suis un auteur contemporain vivant et que je n’ai pas encore tout dit, tout tenté, tout écrit. Je rêve d’un succès, mais un seul. Pour moi un écrivain glorifié est un écrivain assassiné. Et j’ai encore tant de choses à vivre ! Une stratégie ? Que nenni, comme si c’était moi qui décidait ! Je suis visible un peu partout, sur les sites marchands comme sur mon site personnel : quiconque me cherche peut me trouver. Moi je suis là, depuis toujours, j’écris, je raconte, je propose, en attendant que quelqu’un s’intéresse à ma prose, d’un peu plus près.
 

 

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Muriel Roland Darcourt - L'auteur - Interviews

 

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Françoise Seylac 06/08/2016 13:19

Très beau Blog. Je suis d'accord avec vous : l'écriture est un travail de longue haleine. Pour moi, c'est un peu comme un tricot. On tricote, on tricote, mais il ne faut pas louper une maille. Il faut observer sans cesse, la qualité de son ouvrage, et ne pas hésiter à corriger ce qui ne va pas. Il faut de la patience et de l'obstination. Il ne suffit pas de savoir écrire. Un vrai défi !

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