Google+

Muriel Roland Darcourt - Auteur

TEXTES à lire, TEXTES à jouer... Monologues, Poésies, Lettres, Fragments, Nouvelles, Romans, Saynètes, Scénarios, Pièces de théâtre...Les textes de ce site sont protégés par un COPYRIGHT.


Ces Portes qui nous mènent...

Publié par Muriel Roland Darcourt sur 29 Juin 2011, 09:16am

Catégories : #Monologues, #Fragments

 



Marcher dans un long couloir sombre, où les portes alignées sont toutes fermées, d’un côté comme de l’autre, aucune ouverture sur le monde, les embrasures semblent scellées.


A chaque extrémité de ce couloir, une porte aussi, close aussi. Mais ce qui se devine derrière paraît brûlant, tout comme l’enfer qui nous attend. Ces portes-là, il ne faudrait pas qu’elles s’ouvrent.


Arpenter le couloir, avancer et reculer, sans jamais s’approcher de ces portes, celles du fond, qui nous happeraient avec violence, nous emporteraient dans le tourbillon de nos peurs et de nos erreurs, nous réduiraient au silence quand les cris nous mangeraient de l’intérieur.


Avancer pas à pas, sans jamais aller trop loin, en s’arrêtant en chemin, devant une porte, voir si elle s’ouvre d’elle-même ou s’il faudrait la forcer, voir si elle a une poignée, si les gonds peuvent tourner, avec un pincement au cœur de ne pas savoir ce que derrière peut s’y cacher.


Il faut en ouvrir une, au moins une, on est obligé, la choisir est là toute la difficulté car l’on ne peut soupçonner ce que recèle l’autre côté, estimer le destin qui nous attend, le chemin que l’on prend, vers une impasse ou vers la liberté.


Lorsque l’on a ouvert suffisamment de portes et accepté de suivre où elles nous ont conduit, tiré les conclusions et compris ce qu’elles nous ont ordonné de vivre, plein d’humilité et d’humiliation mélangés, le couloir nous appelle et nous y revenons.


Marcher, dans ce long couloir sombre, où les portes alignées sont de nouveau fermées, sur le passé que nous avons rencontré et sur l’avenir où nous n’avons pas voulu aller.


Par chance, par hasard, ou parce qu’on l’a mérité, parce que l’on a été juste dans nos actes et pensées, dans le regard que l’on porte sur nous-mêmes, sur les autres, que l’on a digéré l’existence comme il fallait, parce qu’on l’a accepté, au milieu se trouve une autre porte.


Cette porte-ci n’est pas fermée, il s’agit d’une arcade où l’on est à l’abri, des maux, du vent, des tornades, de la nuit. Au loin on aperçoit une haie taillée et un grand arbre baigné d’un soleil affectueux d’une tiédeur pleine de quiétude. Aucune inquiétude ne survient puisqu’on connait cette allée  car nous y sommes déjà passés, un jour il y a très longtemps et que l’on sait ce qu’on va y retrouver.


De l’eau qui coule sans fin, de l’herbe verte et tendre, des fleurs écloses et des arbres fruitiers. La paix.

 

 

Muriel Roland Darcourt

Fragments - Monologue - Ces portes qui nous mènent

 

porte


 

Commenter cet article

Le Chevalier Dauphinois 22/02/2012 13:25


 L'écriture est un don livré à la naissance pa une fée à la robe rose à paillettes. Point elle est venu chez moi, mais toi, elle s'est penchée sur ton berceau.


  Avec des mots simples  (que je connais, car rustre chevalier médiéval je suis) tu sais emporter ton lecteur dans un rêve et une promenade.


 Je suis parti... mais comment je reviens dans la réalité ?... snifff, dans un autre monde j'erre... Aide moiiiii !

Muriel Roland Darcourt 22/02/2012 14:22



Il ne faut pas revenir à la réalité, Chevalier, c’est beaucoup trop dangereux ! Reste encore un peu dans l’imaginaire, une porte va bien finir par s’ouvrir et derrière il y aura une belle
chose… Pour toi…



Théo 23/08/2011 19:17


C'est vrai, atmosphère onirique ... mais le rêve n'est-il pas aussi un moyen d'ouvrir la porte et de s'échapper ?

Une prose prenante


Moon 22/08/2011 18:45


Cela ressemble à un rêve que j'ai fait il y a quelques années et qui revenait à chaque fois, chaque nuit.
J'ai vu de ces choses en ouvrant les portes latérales, des visages proches, des connus, des inconnus et même moi enfant dans une pièce qui semblait être un orphelinat puis un jour, ou plutôt une
nuit, une autre porte s'est offerte et elle allait sur le toit de cette immense bâtisse. Je me suis rendue compte que sa forme était une clef... le bâtiment était entouré de verdure, d'une immense
forêt dont on ne voyait pas le bout donc sans doute me rendant impossible quelque échappée. Je ne connais pas le message de ce rêve récurrent mais une fois arrivée sur le toit, il n'est plus venu
hanter mes nuits

Au plaisir,


Freya 22/07/2011 11:54


La paix. Quelle merveilleuse sensation après avoir affronter les tourments de la vie, ses joies aussi. J’aime bien cette image des portes et ce long couloir, même si cela sent le piège
(sourire).
Amicalement


FC 03/07/2011 02:18


* Inconscient ô monde perdu

Je retrouve mon chemin

Dans les allées de celle au matin

Dont le conscient me tend la main

J’ai peur d’y retrouver l’inhumain

Alors je me prélasse dans l’arcade de ton paradis

Amitié poétique


Brigitte 30/06/2011 18:19


Un jour j'avais rêvé à des portes fermées le long d'un couloir dont une seule était restée entrouverte. Rêve prémonitoire. Quelques temps après, j'ai rencontré dans un ascenseur celui qui est
devenu mon mari !!
Merci pour toutes ces portes qui me rappellent un bon souvenir, celui d'une rencontre


Fleursdumal 30/06/2011 09:14


Des portes mènent vers le connu, d'autres vers l'inconnu...Et la seule porte du couloir de la vie est la même pour tous...;-)


Muriel Roland 30/06/2011 09:15



Oui.
A condition de n'avoir pas été trop loin dans les extrêmes... :)



Ambilca 30/06/2011 09:11


Si le début me semble un peu trop explicite, la fin est tout à fait à mon goût, bravo, merci;
Belle écriture


HLM 30/06/2011 08:51


Littérature onirique ?


Evy 29/06/2011 22:09


Bonsoir belle écrit c'est comme dans une prison ou une clinique un long couloir avec des portes c'est prenant merci pour ce partage bonne soirée bisous evy


Emelle 29/06/2011 16:57


Bonjour Melouw, j'ai aimé, merci beaucoup.


KiLu 29/06/2011 14:25


Tu devrais écrire encore plus, car ton texte est poétique par moment, toujours vivant malgré le manque de personnage(s).

Ce couloir, je l'ai imaginé dans un foyer, ces portes de chaque coté le les ai vu et, derrière, j'y devinais des existences de solitude, des êtres venus de pays où le difficulté de vivre est
poignante pour des raisons multiples et diverses.

J'y ai vu aussi des enfants avec leur mère, séparés d'un père pour une quelconque raison, un peu plus loin, le père aussi était là et la misère se lisait sur ces visages ... bien qu'ils fussent
d'une propreté irréprochable...

C'est beau et terrifiant tout à la fois ce couloir de l'incertitude ou chaque pas te pose une question à laquelle tu n'as pas de réponse ou tu en as trop ...

Avec mon vote ...

Et Mon Amitié Poétisée ...


mary 29/06/2011 14:24


que cette porte reste accessible pour chacun de nous
que personne ne fasse l'erreur d'aller vers celle qui nous condamnerait tous...
mais si plusieurs portes se trouvent là il y en a certaines qui devraient être digne de notre attention
le tout et de ne pas se tromper et d'ouvrir celle ou se mélange les rêves et les espoirs
bonne journée et merci de ce beau partage
amitié


Martine 29/06/2011 14:20


Si la justesse et l'acceptation sont délivrances, oui c'est beau.


Muriel Roland 29/06/2011 14:20


Ce peut être beau, si l'on est dans la justesse et dans l'acceptation ?


Martine 29/06/2011 12:37


« angoissant, prenant... »


Nous sommes sociaux !

Theme: Elegant press © 2013

Hébergé par Overblog

Instagram