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Muriel Roland Darcourt - Auteur

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Journaux Intimes Extraits 2

 

 

S’il l’aimait, il viendrait. Les gens de l’Unesco la surveillaient, de toute façon ils lui diraient. S’il la suivait elle le saurait.

Elle comptait et recomptait ses économies, elle n’avait pas les moyens de partir et pourtant elle partait. Elle avait acheté son billet de train, réserver l’hôtel, fait ses bagages. Dans quelques heures elle s’enfuirait sans que personne ne le sache. Personne sauf l’Unesco, à ceux-là elle ne pouvait rien cacher, ils étaient toujours là, l’espionnant par satellite et lui parlant dans sa tête.
Les membres de l’Unesco ne la lâchaient pas d’une semelle, la questionnant sans cesse et elle devait répondre. Elle fermait les yeux et se retrouvait dans un hémicycle, interrogée par tous à la fois, puisque sans elle, le monde ne tournait pas.
Son élection était un grand mystère, à commencer pour elle. Un jour comme ça ils sont venus dans sa vie, affirmant qu’ils étaient l’Unesco et qu’on avait besoin d’elle. Une mission comme celle-ci ne se refusant pas, quand on est élue d’office, elle avait dit d’accord. D’accord pour la surveillance jour et nuit à condition que parfois ils se taisent.
Par contre elle ne pouvait rien pour les lucarnes. Elles s’éclairaient, une tête apparaissait, toujours quelqu’un d’important. Pour la convaincre. La tête connue parlait, poliment et l’interpellait sur le monde, comment fallait-il le gouverner ? Elle répondait. Voilà. C’était devenu cela, son job, conseillère de l’Unesco, l’unique puisqu’il ne fallait qu’une personne à la fois sur ce poste, et qu’elle venait d’être élue pour un an.

S’il l’aimait il serait là dans ce train, alors à la gare elle regardait tout le monde du coin de l’œil, pour pouvoir le reconnaître si c’était lui sous ce chapeau, derrière le journal ou qui dormait par terre. Elle était en avance car elle voulait prendre tout le monde par surprise, le gouvernement français qui la surveillait depuis qu’elle était de l’Unesco et ses quelques amis qui la trouvaient étrange depuis un certain temps. On le serait à moins. Lorsque l’on est investie d’une telle mission forcément on ne peut plus être la même. Aujourd’hui elle devait sourire aux passants, faire attention à sa tenue, à sa démarche, à ses regards. Même si les seuls au courant de la situation, par discrétion, étaient les hauts placés de l’Unesco et ceux du gouvernement, le peuple français ou d’ailleurs n’en savait rien mais pouvait être avertis à tout moment et de là que se passerait-il ? Une cohue autour d’elle, chacun voulant la toucher ou la photographier ? Elle n’était pas préparée à la célébrité et elle voulait pour le moment rester anonyme. Apparemment le gouvernement français et l’Unesco semblaient respecter ce choix et elle déambulait sans être importunée par qui que ce soit.

Elle n’avait pas le droit de quitter le territoire mais elle le faisait par amour. Si elle partait, quand-même, et s’il la suivait, alors même qu’il n’était pas au courant de son départ, c’est vraiment qu’il l’aimait.

Elle venait d’être classée monument historique. Pour être sûr qu’il ne lui arrive rien, que l’on ne lui fasse pas de mal. Du coup elle avait une valeur telle qu’elle lui offrait une confiance absolue en elle malgré les évènements. Ce titre lui donnait du courage, et l’affolait un peu. Elle ne pensait pas en être digne mais elle essaierait de l’être. Elle avait pris de l’assurance et un peu plus d’humilité.


 

Crise 3

 

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