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Muriel Roland Darcourt - Auteur

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Monologue : Et pourquoi pas l’amour à Pompéi

Publié par Muriel Roland Darcourt sur 10 Décembre 2014, 10:24am

Catégories : #Monologues, #Lettres

Et pourquoi pas l’amour à Pompéi.


 

Que reste-t-il de l’Italie ? Une vieille malle oubliée au fin fond des pensées. Une malle remplie des vestiges du passé que l’on a engloutis pour ne pas se faire mal.
La serrure est cassée, on ne peut pas l’ouvrir, elle est pleine de souvenirs qu’il nous faut protéger. Du temps qui passe et qui menace à chaque instant d’effacer les traces que l’on a laissées, les bons moments et puis les autres. Ces espaces-temps ce sont les nôtres, enfermés à double tour pour la postérité.
Y aura-t-il quelqu’un, dans un avenir proche ou lointain, pour venir souffler sur les cendres si d’aventure on se laissait surprendre à vouloir remuer ce qui a trépassé ?
Et si cette malle entrait en éruption ? Si cette malle expulsait soudainement les questions, celles restées en suspens. Des fragments embrasés de notre histoire, propulsés dans le ciel d’aujourd’hui, retombant en corolles sur les tristes non dits, enflammant les paroles d’un jardin de printemps où l’on cueillait jadis les prémisses de l’amour.
Entends-tu, Italie, au loin, ce grondement sourd ? Qui surgit des entrailles de ce très vieil amant, pétrifié à l’idée de voir ses souvenances souffrir et d’offrir aux regards ses étincelles d’antan.
Que reste-t-il de toi, mon Italie ? Sous les jets de ces pierres, dans l’enfer absolu, parmi les flots de braises qui brûlent d’un jamais plus que les fumées de notre désunion transportent. Et la mémoire désormais destinée à la recherche des années mortes. Au cœur de mes plaies une tendresse infinie, ton parfum qui me hante et ton soleil qui crie !
Où es-tu Italie ? Une si terrible envie de te savoir en vie, et d’insolents silences. Cette lancinante absence. Tout n’est plus que poussière, de la cave au grenier. Mais subsiste un mystère dans les tréfonds de l’âme, une suave fragrance affleurant de ce drame : un cerbère rougeoyant issu des profondeurs, dont le ventre recèle ce qui fut le bonheur. Une malle égarée où se cachent les ombres de tout ce qu’on était dans de vastes décombres et qui raconte que je t’ai tant aimé.




Ce texte est publié dans l’anthologie « Napoli Racconta 2014 » de l’Université de Naples, en français et traduit en italien.

 

 

Muriel Roland Darcourt

Monologue - Lettre - Et pourquoi pas l'amour à Pompéi

Monologue : Et pourquoi pas l’amour à Pompéi

Commenter cet article

Petite passante 07/10/2015 09:31

J'ai posé mes yeux sur ce texte, presque par hasard. Et chaque mot, chaque phrase, chaque sentiment a fait écho en moi qui ai perdu cet amour italien il y a quelques mois. C'est mon histoire que vous avez raconté-là, mes sentiments qui sont tapis dans ce texte.
Alors, je vous l'ai emprunté. J'ai employé vos mots pour une audition de théâtre, hier soir. Et j'ai été fière de ma prestation, moi qui n'ai presque jamais joué, qui n'ai jamais bénéficié de cours, et qui tentais ma chance parmi bien d'autres qui, eux, sont des habitués, presque déjà des grands de l'art dramaturge.
Je suis fière de ma prestation, que je sois prise ou pas, grâce à vous, et ça m'a fait du bien, de hurler ces mots devant le jury comme j'aurais voulu les hurler à une personne en particulier.
Alors, merci. Merci de tout coeur. Vos textes sont magnifiques.

Muriel Roland Darcourt 07/10/2015 20:29

Votre message m'a donné des frissons... Merci d'avoir choisi ce texte... Je mettrai prochainement sur ce site la traduction en italien.... Bien à vous... Et j'espère sincèrement que le jury n'aura pas été insensible à vos (nos) émotions...............

Pierrot 23/07/2015 09:47

De la nostalgie pleins la malle..

Milla 27/02/2015 13:05

hop là !
j'ai bien aimé tous les jeu de sonorité que tu as utilisé et le ton très poétique de ce texte.
la reprise de la malle a la fin est aussi chouette :)

Merci :)

Milla

Frédéric 16/02/2015 13:18

j'aime bien ce que dégage ce petit texte
je le verrai bien racine d'une histoire plus détaillée
dans l'état, il ne suffit pas vraiment à lui-même... (d'après moije :-) )

amicalement votre

Féline 09/02/2015 19:44

merci pour ce joli moment de lecture

Faye 07/02/2015 14:22

Très belle prose.
Mais est-ce vraiment de la prose ? Malgré la mise en page, on sent très souvent un rythme d’alexandrins. Parfois, on entend même des rimes, riches et pauvres. La prose de Sacha Guitry était souvent comme ça, faux alexandrins, riche langue française, vraie poésie.
Rien que l’utilisation du mot Italie est poétique. Il évoque tant de choses pour ceux qui la connaissent , et bien plus encore pour ceux qui ne la connaissent pas.
Je me dis que c’est heureux que ton histoire ne se soit pas passée dans un autre pays.
"Où es-tu Belgique ?", ça résonne moins.

Jean-Noël 07/02/2015 09:47

S U P E R B E !
Italien de naissance et de coeur, né à Fiesole (Florence), j'ai été particulièrement touché par ton poème.
Pompéï c'est la grandeur et la décadence en même temps, la gloire et la présence du passé jusque dans le quotidien,
Pompeï, c'est le plus grand chantier ouvert, et le plus grand questionnement sur notre art et notre civilisation.
J'ai adoré !
Amicalement, jnb.

Seriba 07/02/2015 07:36

Un presque poème tout flamme.

Pierrot 29/12/2014 16:40

De la nostalgie plein la malle...

Martha 23/12/2014 17:27

un texte tout en force et en finesse, pour la décrire cette Italie que vous semblez, tant et tant "apprécier",on à le sentiment de vivre le texte de façon forte et je vous en remercie infiniment, ce moment passé sur les ruines de pompei fut un délice.

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